In the eyes of a ranger,
The unsuspecting stranger,
Had better know the truth of wrong from right,
'Cause the eyes of a ranger are upon you,
Any wrong you do, he's gonna see,
When you're in Texas, look behind you,
'Cause that's where the rangers gonna be.
Un pas devant l'autre, deux jambes s'affolent. Une demoiselle se promène, le long de la fameuse Jaurès Avenue, en quête du saint graal de la solde.
"- Vas y mad'moiselle, t'es trop belle, tu m'pète les yeux en deux !
La fille ne dédaigne même pas tourner le regard vers l'interlocuteur incongru. Elle l'a depuis longtemps repéré : c'est un SBC *, un de ces géneurs poids lourds. Mais manque de pot, il s'est déplacé en bande.
- Allons-y les gars, on dirait qu'elle est chaude, l'allumeuse !"
Un kébab. Quatre gonz à l'allure originale attendent leur pitance bienvenue en ces temps de disette.
"- Quelle sauce ?
- Ketchup !
- Harissa !
- Barbec !
- Euh... la même chose, s'il vous plaît : tartare !"
Au loin, soudain, à 500 mètres dans un coin de la rue, un cri retentit. C'est un cri de femelle, à en juger par l'intonation caractéristique. Les quatre compagnons détaillent la victime : c'est une belle jeune femme à la silhouette aguichante.
Le fat, s'arrêtant sur les formes galbées : « je crois qu'on nous appelle les gars ! »
Pyjama blanc, jalouse de tant de popularité : « fausse alerte. C'est une faible priorité »
Badass, s'arrêtant sur des songes érotiques : "priorité majeure ! la situation se présente sous le meilleur angle ! »
Les quatres compères volent, Fat bondit, Fifre flotte, Pyjama Blanc virevolte, Badass s'avance.
Les trois caillera qui tentaient à l'instant d'agresser cette charmante demoiselle se retournent, encerclés par cette nouvelle force potentiellement supérieure en nombre.
"- Si tu la sexes, il t'en cuira, blaireau, dit Badass.
- Vas-y ya discrimination ! Pouquoi c'est toujours nous qu'on vise ! Putain de France!"
Fat s'avance et prend la tête de celui qui osé parler. Il lui tord le coup.
« - Tu te rebelles ? T'es pas jouasse ?
- Déjà d'une : ici, on est pas en France, on est en Bretagne, dit Badass. Pyjama Vert ?
Celle qui était à l'instant toute vêtue de blanc se transforme soudain en monstre vert, tous les vêtements déchirés, mais avec un short qui a heureusement et comme toujours résisté à la pression des muscles. Sous un coup subtilement dosé, le gus part en ligne droite à 4 mètres au dessus du sol, traverse la rue, brise la vitrine de Jenifer, continue sa route, en brise une seconde, puis une troisième, puis finit couvert de petites culottes bleues ciel, en bonne et due forme.
Fat prend le second sous le bras.
« - Il a une chaîne en or ! Qui est ton chef ? Parles !
- Depuis quand avoir une chaîne en or signifie bosser pour quelqu'un ? lui demande Badass.
- Tu crois qu'il l'a eu où ? Dans un kinder surprise ?
- Maintenant que Néo le Nazi est dans cette ville, tout le monde appartient forcément à un côté ou à un autre ! Ouais, faut creuser, dit Fifre.
- OK, je vais chercher une pelle, dit pragmatiquement Badass.
- Non, non ! Je parlerai !
- Bon, apparemment, on creusera plus tard. dit Badass au Fifre.
- Mon chef se nomme..." Le jeune ne peut plus parler. Une flêche d'arbalète vient de lui fermer mortellement le clapet. Le dernier jeune de la bande est déjà loin, courant dans les rues à demi-nu, les cacahuètes à l'air, et les bras gesticulant.
Tout le monde se retourne vers là d'où vient la flêche. Une voiture noire vient de passer, qui s'en va en trombe.
"- Shit ! s'exclame Fat.
- Attendez, j'ai une idée. Taxi !
Un taxi qui passait par hasard par là, s'arrête.
- Taxi, suivez cette voiture !
Et le taxi s'en va à la suite de la voiture noire.
- Super cool ton idée, Badass, mais on devrait pas être à l'intérieur du taxi normalement ? demande Pyjama Blanc.
- Ah merde, ouais.
- Tu veux que je te récite toutes les injures du Capt Haddock rien que de mémoire ? demande Fat.
- Non merci, ça va aller."
Lancés à la poursuite de la voiture mystérieuse, ils parviennent une heure plus tard sur le port, après avoir mangé un kébab, pissé, mangé une glace, pissé, fait un tour à la fnac, au lazer game pour les promos et subi deux ou trois railleries de la part de groupes de demoiselles pour tentative fumeuse de séduction sur la voie publique. Sur les quais, l'ambiance est marine, les goéland font leur sales rappiats et les piliers de comptoir sont fidèles au poste.
Nos quatre compères aperçoivent la voiture noire. Mais celle-ci est vide. Ils devinent que les malfrats ont embarqué dans ce bateau, là-bas, au loin, un bateau de pêche genre l'égo du plot.
"- Bougez pas les gars, j'ai ma botte secrète !
- Quel rapport ce merdier entretient-il avec tes chaussures, mon cher Badass ? dit Fifre.
- Non, non ! Une botte secrète ! Une surprise ! Un atout dans ma poche ! Une corde à mon arc ! Un tour dans mon sac...
- Bon, ça va ça va. Qu'est-ce que tu nous a encore préparé ? demande Fat. Tu crois peut-être qu'on peut piquer un bateau comme ça, et faire une course poursuite sur la mer ?
- Non, regardez !"
Et alors que Badass lève les yeux au ciel, tout le monde fait pareil. Une ombre, dans le soleil, de profile. Elle grandit, elle grandit, tandis qu'un bruit de réacteur se fait entendre. Il s'agit d'un avion un peu gigantesque (mais pas trop) avec un fuselage aérodynamique, pour faire joli. D'un coup, l'avion se change en bateau, et le tout vient s'écraser sur la surface de la mer d'huile, dans une gerbe huileuse d'écume.
" - Mademoiselle, messsieurs, je vous présente le Flaïe-Bôt.
- Le Flaïe-Bôt ?!
- Ouais, un jour j'ai vu Transformers, et ça a changé ma vie. Allez, en voiture, Simone."
« A-t-on idée de faire circuler des boîtes de conserve pareilles? J'te customiserais tout ça, moi... Ah ? On va tomber en rade les gars !"
Les autres s'esclaffent devant cette blague téléphonée.
"- Non je rigole pas ! Y a plus de jus !
- De toute façons, on arrive, dit Fat."
Au bout d'une dizaine de minutes, le Flaïe Bôt arrive à hauteur du yacht. Sur le pourtour, nos compères distinguent des babouins de garde, enfin des primates notoirement agressifs.
"- A l'abordage, s'écrie le Fifre!
- Ah bah, bien, bravo, c'est discret ça, réprimande Badass!
- On s'en fout, on les dégomme!"
Mais à ce moment, des dizaines de Kalashnikov se retrouvent braquées sur les faces de nos héros interloqués. Tout autant de Guanguestas s'ésclaffent de voir le BGC en si mauvaise posture.
"- Bwah, trop fort, négro! C'est le chef qui va être content...
- Ouais, Restecp à tous! C'est du bon boulot!"
Le groupe amène nos héros à leur chef. L'homme, un grand escogriffe, se tient de dos. Jogging jaune, bonnet rouge.
"- Hey, c'est Ronald McDonald! s'écrie le Fat !
- Messieurs, bienvenue sur mon Yacht, le "Queensbridge III"... déclare alors l'homme qui se cache derrière toute cette mascarade.
- Euh, ouais, okay, merci... T'es qui? questionne Badass.
- Qui je suis? QUI JE SUIS? Tu ne me reconnais pas?
- Ben non... Je devrais ?
- Toi et tes amis m'ont fait vivre l'expérience la plus humiliante et la plus traumatisante de toute ma grandiose et précieuse existence, et tu ne te souviens même pas de mon nom..?
- Ben non...
- Je suis Alain Jé... Vista !
- Vista? s'interroge le Fat. Comme celle de Platini contre l'Espagne en 1984.
- Je te parle pas de Basket, imbécile! Alors, ça vous revient ?"
Flashback: Le Fat et Badass se revoient coller une trempe magistrale à cette énergumene de pacotille.
"- Ah, si, répondit Badass. On avait bien ri.
- Hé bien, aujourd'hui, c'est moi qui rigole."
* survet-basquette-casquette





